Histoire de la bière

La bière dans l’antiquité

Nul ne peut dire à quelle date remonte le premier brassage de bière. Deux tablettes en ardoise dont l’âge est estimé à 6000 ans sont aujourd’hui exposées au « British Museum » de Londres. On y décrit ce qui semblerait être le premier moulage de grains d’orge.

Les Sumériens

La civilisation sumérienne a vu le jour entre les rivières du Tigre et de l’Euphrate en Irak d’aujourd’hui. Les sumériens furent les premiers à découvrir le phénomène de fermentation puis de fabrication de bière à base de mie de pain. Après la chute de l’empire Sumérien (2e millénaire avant JC) les babyloniens améliorèrent le procédé et déjà ils pouvaient brasser jusqu’à 20 sortes de bières dont 8 à base de froment pur et 4 à base d’orge. La bière étant trouble et non filtrée elle se buvait à l’aide de pailles afin d’éviter les résidus de brassage amers au goût. L’excédent de bière était exporté vers l’Égypte ancienne. Hammourabi le roi fondateur de l’empire décréta la plus ancienne liste de lois parmi lesquelles il établissait une ration quotidienne de bière. Cette ration dépendait du statut social des individus. Par exemple: un simple ouvrier avait droit à 2 litres, un serviteur à 3 litre et un noble ou prêtre à 5 litres par jour. A cette époque là, la bière n’était pas vendue mais troquée contre de l’orge. Une femme fut condamnée à la noyade pour avoir échangé sa bière contre de l’argent. Le brassage de bière était un travail de femme. Servir une bière de mauvaise qualité était aussi passible de mort.

Les égyptiens

La bière égyptienne était aussi à base de mie de pain mais on y ajoutait des dattes afin d’en rehausser le goût.

Les romains

Le brassage de bière continua à l’époque romaine. Plinius (historien romain) y rapportait la popularité de la bière dans la région méditerranéenne avant celle du vin de raisin. Les romains étaient plutôt des buveurs de vin qu’ils considéraient comme le breuvage des dieux; la bière était celui des « barbares ».

Les Teutons (anciens allemands)

Le plus ancien vestige de brassage de bière allemande remonte au neuvième siècle avant JC. Dés le début du premier millénaire la bière était déjà un article commercial « standard ».La découverte et la datation d’un ancien broc de marchand de bière dans la région de Trier l’a confirmé. Tels les égyptiens, les anciens allemands considéraient la bière comme un objet de sacrifice aux dieux mais aussi comme un breuvage social et de divertissement. Le brassage de bière restait un travail de femmes jusqu’au Moyen Âge.

La bière au Moyen-âge

Les monastères

Les moines s’intéressèrent à la fabrication de la bière pour une raison bien simple: améliorer la qualité nutritive de leurs pauvre alimentation en période de jeûne en y ajoutant un breuvage riche et consistant. En effet, seule la consommation de liquides était permise en période de jeûne. Un moine pouvait prendre jusqu’à 5 litres de bière par jour.

Peu à peu, la fabrication de bière devenait une affaire commerciale structurée et bien organisée. La bière vendue dans les auberges des monastères était réputée pour sa qualité et devint fort populaire. Par la suite l’art du brassage sortait du monde clérical pour devenir l’un des commerces les plus respectables. On assiste dès lors à l’introduction des premières taxes sur la bière soulevant un tollé de contestation de la part des moines. Plusieurs brasseries cléricales furent alors fermées par décret seigneurial (Empereur Sigimund 1368-1437). Ce sont les moines qui ont introduit l’utilisation du houblon dans le processus de brassage.

Premiers standards de qualité

En 1516, un décret allemand établissait pour la première fois que seul l’orge (plus tard l’orge malté), le houblon et l’eau pouvaient être utilisés pour la fabrication de la bière. L’utilisation de la levure n’était pas encore connue en ce temps là.

L’aire contemporaine

Avec l’avènement des moteurs à vapeur (1765) on assiste à une industrialisation et une rationalisation de plus en plus marquée du processus de brassage. Les progrès scientifiques de l’aire industrielle (pasteurisation ,isolation des cellules de levure) ont permis aux maîtres-brasseurs de raffiner leurs recettes et d’améliorer le goût de leurs produits.

Avec l’apparition des moyens de réfrigération et contrôle de température (carl Von Lind), la fabrication de la bière était devenue indépendante des saisons.

L’Amérique du Nord

La consommation de bière en Amérique du Nord était très répandue chez les premiers colons. Probablement pour des raisons sanitaires due à la piètre qualité des eaux urbaines . Mais sa fabrication n’était pas chose aisé en raison du manque de grains (orge de malt) et du houblon dont l’importation du Royaume Unis était coûteuse et fastidieuse. Peu à peu le maïs pris la relève et une nouvelle façon de produire la bière s’imposa. De plus, le houblon sauvage était assez abondant pour suffir à la demande. Des ingrédients de substitution (différentes herbes) furent donc utilisés pour pallier au manque des produit traditionnels de brassage. La bière était principalement à base de blé et de maïs.

Au milieu du 19e siècle les émigrants allemands introduisaient des bières dites « lager » qui étaient plus légères et plus « effervescentes » que les « Ales » et « Porter » anglaises. Dès la fin du 19e siècle la fabrication de bière sortait du domaine de l’artisanat pour devenir une réelle industrie.

Entre 1920 et 1933 la « prohibition » américaine interdisait la fabrication et la vente des boissons alcoolisées et seules de grandes brasseries purent survivre à la fin de cette période.

La Deuxième Guerre fut aussi une période difficile pour l’industrie de la bière en raison du manque de matières premières mais surtout de clientèle à grande majorité masculine.

Aujourd’hui, la bière est devenue l’une des boissons les plus appréciée au monde avec près de 20 000 sortes différentes.